L'Ecritoire

Pour l'amour du mot, de la pensée juste et de la syntaxe flamboyante, je trace la lettre dans le mou du temps. La voyelle consonne et l'infini prend forme.

28 juin 2008

images_2"Un livre ne fait pas une oeuvre de même qu'un auteur ne fait pas un écrivain"images

Catel 


               

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25 juin 2008

L'arctophilie est-elle une maladie ?

TeddyBears

En tant que tel l'arctophile n'est pas malade, encore que ! S'agissant d'une passion, dont le corolaire est l'absolu, l'excès voire l'obsession; l'arctophile dans tous ses états de recherche et d'accumulation peut, pour d'aucuns, paraître fou. Moins connue que la philatélie et la numismatique, qui toutes deux la précède, l'arctophilie est la troisième collection la plus répandue au monde. D'autant que ses amateurs commencent dès le berceau !

salon_logo_2008 Grâce aux "Amis de Gueule de miel" le 8ème Salon de l'Ours en Peluche prend ses lettres de noblesse voulant nous dire ainsi que l'engouement pour "nounours" va croissant.  Et pourtant les dénigrements assortis aux sarcasmes divers pleuvent sur la fourrure de Nono, Plouplou ou Bleunours, fort heureusement imperméabilisée...Régressif serait l'attachement déplacé à cet animal ! Objet de toutes les convoitises enfantines l'ours règle le pas de l'homme qui s'ébauche, c'est pourquoi l'adulte garde en mémoire sa douceur consolatrice. Et comme souvent, aller de l'avant, c'est perpétuer une incessante marche à reculons pour revenir à l'impossible temps des héros de tout poil et de leur protection. Tel un "grigri" en lutte contre les démons modernes et désincarnés, l'ours se fait tout petit pendu aux clefs de la maison. Se balançant sous le volant il nargue les gamins à l'arrière de l'auto qui ne lisent plus depuis longtemps aucune histoire d'animaux mais additionnent les parties de Nintendo ! Alors l'ours a déserté la terre enfantine pour investir celle des grandes personnes par effraction, par l'alibi de la mode ou de la décoration.

Pourtant regardez-les, de près, le nez dessus, voyez comme aucun d'eux ne se ressemblent. Chacun sa  gueule et son air désintéressé comme perdu pour une humanité qui n'a de rêve que pour du vent. ourson204miniPetit ours tu as un cœur et des pensées engrangées là en héritage des têtes blondes (et brunes et rousses...) qui t'ont adopté. C'est pour tout cela que l'arctophile te câline et restitue au mémorium des ours abandonnés, oubliés, trahis et même pire : reniés, la mémoire de tant d'amour volatilisé. Le cimetière des ours est l'oubli, leur paradis l'âme d'un enfant logé dans un corps qui vieillit. On ne peut ignorer ce regard qui vous prend là où vous l'avez délaissé le jour où vous avez décidé que vous étiez grand !

Certes on n’est pas obligé d'accorder tout ce temps à un sac de tissu mais de même que l'on peut croire que le mot crée, fabriquer de ses mains cet objet, lui consacrer énergie et attention, l'animer des meilleures et l'affubler d'un nom n'est-ce pas soi même participer à embellir le monde même si la chose n'a de réelle activité que dans l'imagination ?

A tous les Nounours de l'univers.... ours1                                   Catel


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23 juin 2008

Yourcenar dans sa maison

Yourcenar dans sa maison
Vidéo envoyée par arc

Marguerite YOURCENAR A2 - 01/01/1978 - 00h04m45s Reportage sur Marguerite YOURCENAR dans sa maison du MAINE. L'écrivain se promenant autour de chez elle. Off : parle de l'appauvrissement du monde. [Différents plans] du paysage environnant. Int. de M. YOURCENAR près d'un ruisseau : parle de sa vie dans le MAINE où elle s'est retirée depuis 30 ans. Ecrit pour être lue ; a été connue tard du public car hors de la mode. L'écrivain se promenant dans son île. Devant sa maison "petite plaisance ". Assise devant sa machine à écrire. [Gros plan] des mains sur le clavier. Au mur, portraits de ses ancêtres. Statuettes et livres sur des étagères. [panoramique] arbres et maison le soir. M. YOURCENAR assise derrière sa fenêtre le soir. Paysage sous la neige. Trav. lac et forêt. Vidéo Audio Yourcenar http://www3.unileon.es/dp/dfm/flenet/docauteurs2.html#Yourcenar

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Les maisons de Marguerite

Il n'y a pas que l'Italie, ni la Villa Médicis, et bien loin de moi le goût de jeter l'oprobe sur cette prestigieuse Maison, belle au sens propre comme au sens figuré. -De surcroît bientôt dirigée par le talentueuxvilla_M_disis Frédéric Mitterand. Quelle belle idée que de nommer un Artiste à la tête d'une Académie où l'administratif l'emporte sur le créatif. Il y aura dorénavant un souffle de compréhension et de complicité pour tous ceux qui seront admis à partager celui des Dieux qui sont plus que nulle part ailleurs au monde, ici, chez eux.- Cependant il n'y a pas que la Villa Médicis disais-je, quelque part bien plus au Nord sur des monts que l'on dit noirs, la maison d'enfance de Marguerite Yourcenar, comme en écho, invite elle aussi l'artiste à l'inspiration. Mais seuls les écrivains y sont admis et à condition qu'ils aient déja publié une oeuvre.

Bien que née Belge, c'est en France, l'hiver à Lilles, l'été au Mont noir que Marguerite de Crayencour va grandir. Le paysage des Flandres qui s'étire autour d'elle flatte son aspiration au départ et à la découverte. Pour avoir tutoyé la frontière qui touche sa maison, en avoir perçu Mont_Noirle cloisonnement et l'enfermement politique, elle fera de sa vie l'illustration de la liberté. De moeurs, d'expression littéraire et d'expatriation. Néanmoins cette Villa, auprès de laquelle son coeur est resté attaché, comme une ancre sur le rocher sombre des souvenirs, est une terre d'accueil où l'auteur peut s'abandonner. L'héritage de l'académicienne transmis aux soeurs et frères d'âme  saurait-il leur insuffler sinon de son génie, un peu de son talent ?

Et puis elle est partie, trouver son isolement, paradoxalement sur une île, là où les frontières sont partout et se meurent dans le tourbillon des flots. Un monde à part et pour soi, des Monts encore une fois, noirs autrefois, déserts à présent. Le rêve américain dans le Maine, un amour éternel pour Grace et une maison que l'on visite l'été exclusivement : "Petite Plaisance". Tout l'univers de Marguerite Yourcenar tient dans cet écartèlement où la maison garde fidèlement une place privilégiée à côté de l'insatiable nécessité du voyage.                       yourcena_maison1    

  • « Quand on aura allégé le plus possible les servitudes inutiles, évité les malheurs non nécessaires, il restera toujours pour tenir en haleine les vertus héroiques de l'homme, la longue série des mots véritables: la mort,la vieillesse, les maladies non guérissables, l'amour non partagé, l'amitié rejetée ou trahie, la médiocrité d'une vie moins vaste que vos projets et plus terne que vos songes, tous les malheurs causés par la divine nature des choses. »Mémoires d'Hadrien
  •                                                                                                             

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    17 juin 2008

    l'inverse de la chose

    Une chose et son inverse relèvent-elles de la même vérité ? (Sous entendu que l’on sache ce que « vérité » recèle) comme un reflet dans le miroir qui renvoie du même objet son image inversée. Le temps est beau est aussi vrai que le temps n’est pas beau. Selon la perception immédiate que l’on a du temps au moment où l’on parle. Selon que pour soi le temps beau soit du soleil et de la chaleur, un temps gris aéré de vent humide et tiède ou bien encore de pluie douce presque comme une rosée, selon que notre humeur du jour soit enjouée ou morose, selon que la norme est notre système de référence ou selon que l’on cherche à définir par soi-même les critères du bien-être. Les valeurs de la relativité défendue par Einstein nous parviennent quand, à force de croire et de véhiculer les éternelles certitudes qui fondent notre éducation, nous nous asphyxions du moisi poussant sur les murs de notre enfermement. Tout dépend du point de vue depuis lequel on regarde et apprécie la chose. Car en soi la chose est immuable, la réalité aussi, seule la vérité ondule sur les flancs de l’illusion. Inutile d’en revenir au « Banquet » où le jeu des ombres sous la plume de Platon n’en finit pas de déployer les multiples facettes d’une vérité qui échappe à l’homme des cavernes. L’allégorie n’a plus de secret pour personne encore que peu d’entres nous aient décidé d’aller vérifier au fond de la grotte de quelle façon les silhouettes du dehors s’y allongent…

    C’est pourquoi écouter pour comprendre la perception de l’autre, outre que cela consiste en un exercice de contorsionniste, nous apprend la souplesse de l’esprit et par là même plus sur nos propres limites que sur ses penchants et ses convictions. Tolérance est la porte qui ouvre le champ des connaissances et de l’intelligence. Ce qui compte c’est peut-être de tenir chacun un bout de cette vérité et d’en suivre la trace pour à un moment s’y rencontrer.

    Catel

    Camille_072

    Au bord du ciel ou à la surface de l’eau ?


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    15 juin 2008

    La solitude

    Le sujet aurait mérité mieux : plus de profondeur et d'analyse, davantage de recul sur un destin hors norme qui en aval de cette caméra perd ses reliefs et son brio. Finalement peu importe car le long métrage de Diane Kurys donne et laisse toute sa place à l'héroïne. Tout simplement on ne voit qu'elle, happé par son regard en coin, son phrasé saccadé et sa diction incertaine le spectateur est envoûté! Tant de vraisemblance et de crédibilité intiment le respect dû à l'exception. Sylvie Testud, puisqu'il s'agit d'elle nous a habitué à sa liberté de choix et d'expression et nous a conquis grâce à son jeu finement étudié mais ici un mimétisme troublant qui boit à la source d'une évidente ressemblance physique, nous fait partager le quotidien d'une âme errante et perdue, sauf pour l'écriture. On ne peut s'empêcher d'établir un injuste parallèle avec la prestation de Marion Cotillard dans la Môme, les deux films ne se comparent pas mais le travail des comédiennes, si. De mon point de vue le moins spectaculaire des destins révèle une osmose telle que bien souvent on se croit en présence de Sagan alors qu'il n'y a rien à faire, Piaf, bien que académiquement imitée, à aucun moment ne touche ce point de vibration où l'harmonie densifie l'instant et nous met à la juste place des choses. Cependant les ombres sont les mêmes : l'angoisse de la solitude, la peur de l'échec, la quête d'un amour tellement sublimé qu'il en reste à jamais introuvable; les remèdes sont identiques aussi : une lancée presque suicidaire dans le travail artistique et le défilé des verres, de Champagne le plus souvent qui donnent l'impression que l'on boit sans s'alcooliser, la drogue et les expériences amoureuses multiples. Comme si repousser les limites conduisait un jour à pouvoir les dépasser...Ces trajectoires ont en commun l'appréhension tellement aigüe de la solitude qu'elles la magnifient et la transcendent pour la donner au monde en habit de Beauté. C'est cela ou mourir plus vite que les substituts au bonheur ne les précipiteront. De surcroît, et voilà l'un des attraits de ce film, quelques citations de l'écrivain parsèment les dialogues, suffisamment pour nous donner envie de relire "Bonjour Tristesse" et de reconquérir un indicible, passé inaperçu lors des premières découvertes.

    Catel


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    Sagan HD

    Sagan HD
    Vidéo envoyée par europacorp

    "Sur ce sentiment inconnu, dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse". Françoise Quoirez a tout juste 18 ans quand elle écrit les premières lignes de Bonjour Tristesse, un roman dont le succès fulgurant suffira à lancer le mythe de « La Sagan ». Un mythe fait de formules brillantes, d'amours affranchies et de scandales tapageurs, derrière lesquels se cache une femme, que l'on qualifie d'anticonformiste pour ne pas la dire libre. Libre d'écrire, d'aimer, et de se détruire …

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    09 juin 2008

    L'appel

    "Les SS en pèlerine noire sont passées. Elles ont compté. On attend encore. On attend. Depuis des jours, le jour suivant...  . On attend le jour parce qu’il faut attendre quelque chose. On n’attend pas la mort. On s’y attend. On n’attend rien. On attend ce qui arrive. La nuit parce qu’elle succède au jour. Le jour parce qu’il succède à la nuit. On attend la fin de l’appel...”

    Charlotte Delbo, Aucun de nous reviendra, Paris, Les éditions de minuit, 1970 (AuschwitzAuschwitz et après, I)

    Cette citation parce qu'aujourd'hui c'est la folie qui m'occupait, celle des hommes sous l'emprise, saouls de l'emprise d'un monde trop grand, trop mystérieux pour eux, avec lequel pourtant ils se mesurent. L'indigence du faible fertilise le terreau de leurs ambitions et ils vont, regard désincarné, anéantir ce qu'il reste d'humanité pour briller seuls au Panthéon des âmes perdues.

    Pour les autres, modestes et vaquant à l'ombre d'une folie douce la vie s'étire entre les égarements lucides de la perception trop prégnante de l'absurde et l'espoir ténu qu'il en advienne un absolu. Ceux là parfois savent entendre le clapotis universel qui tinte au fond d'eux mêmes et si par chance ils le saisissent, Rubens, Bach, Voltaire...peuvent survenir. Les artistes sont tous un peu fous mais ces fous là ont la chance d'être artistes.

    folie

    Catel


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    05 juin 2008

    Tao-tö King

    vide

    Trente rayons convergent au moyeu mais c'est le vide médian qui fait marcher le char.

    On façonne l'argile pour en faire des vases, mais c'est du vide interne que dépend leur usage.

    Une maison est percée de portes et de fenêtres, c'est encore le vide qui permet l'habitat.

    L'Être donne des possibilités, c'est par le Non-Être qu'on les utilise.

    Lao-tseu


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    04 juin 2008

    Le dernier né

    Chaque jour je collecte des découvertes et chaque jour je les égare, les retrouve; les reperds...Alors m'est venue l'idée de les rassembler au même endroit et de vous en faire profiter, voici donc mon dernier né pour vous servir !

    RIBOULDING

    Rien que des nouveautés, des trouvailles, des adresses physiques ou virtuelles pour la culture ou le plaisir au quotidien

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