L'Ecritoire

Pour l'amour du mot, de la pensée juste et de la syntaxe flamboyante, je trace la lettre dans le mou du temps. La voyelle consonne et l'infini prend forme.

11 septembre 2008

Buxus sempervirens

180px_Buxus_vdgAu jardin du passé continue de croître Mon Buxus Sempervirens. L'incontournable ornement de l'art topiaire poussait là en pagaille parmi les feuilles de chênes, les glands tombés comme du nid et les cyclamens sauvages et d'automne. Aux multiples nuances des pétales rosées et inodores s'emmêlait une senteur indéfinissable mais unique et typiquement identifiable. Celle du buis dans lequel je plongeais le nez pour m'enivrer et qui ne se laissait apprivoiser par mes sens. Car on peut se remémorer une image que l'on revoit distinctement, une parole dite ou entendue que l'on se répète en pensée mais, comme une saveur, on ne peut se souvenir d'un parfum. Juste le reconnaître quand il survient. Ma mémoire instinctive d'enfant avait pourtant inscrit l'âpreté rêche des effluves verdoyantes, l'associant peut être à la promenade  du soir, à l'heure où tout se relâche. La fatigue d'une journée d'école noyée  au coeur des arbustes comme au fond d'une fourrure animalière et vivante s'effaçait au contact fébrile de la plante.

Il n'y a pas de jardin, encore aujourd'hui, sans le buis de mon enfance qui tire insidieusement les souvenirs de l'oubli.

Catel

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14 juillet 2008

Les jours

Sous la main précise d’une experte brodeuse, le fil s’attache à bourreler l’étoffe, rebondie finement. A petits points de croix une rose ou mésange, dans l’ornemental voulue par l’artiste, se jette à la surface du tissu. La où la brodeuse plante son aiguille, un éperon laineux domine son monde et dessine une fresque en trois dimensions. Comme un tableau de couleurs et d’images une page naïve s’offre au regard vagabond.detail_20broderie_203_20400_300

Puis un jour, mais cela pourrait être une nuit car ce mot dit tout aussi bien lumière que vingt quatre heures de temps et de vie. Un jour donc, au lieu de combler les trous de la pièce en coton, elle les agrandit. Voici donc un espace, une béance tenue à une autre par un lien filiforme et qu’on appelle dans l’art de broder, des jours. Des trous faits de vide et de rien, à la suite et en enfilade clairsement le drap de transparence et le transforment en dentelle aérée.

Les jours sont ainsi de plein et de délié, de présence et d’absence, où la vacuité est entière de sens. Au travers du jour il ya plus dense que lui, la clarté qui passe, une danse éphémère et grisante, une promesse, l’envers de l’ennui. La brodeuse écrit les jours que chacun de nous vit, nous brodons nos jours que le temps nous ravit.

drap_jour

Catel


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25 juin 2008

L'arctophilie est-elle une maladie ?

TeddyBears

En tant que tel l'arctophile n'est pas malade, encore que ! S'agissant d'une passion, dont le corolaire est l'absolu, l'excès voire l'obsession; l'arctophile dans tous ses états de recherche et d'accumulation peut, pour d'aucuns, paraître fou. Moins connue que la philatélie et la numismatique, qui toutes deux la précède, l'arctophilie est la troisième collection la plus répandue au monde. D'autant que ses amateurs commencent dès le berceau !

salon_logo_2008 Grâce aux "Amis de Gueule de miel" le 8ème Salon de l'Ours en Peluche prend ses lettres de noblesse voulant nous dire ainsi que l'engouement pour "nounours" va croissant.  Et pourtant les dénigrements assortis aux sarcasmes divers pleuvent sur la fourrure de Nono, Plouplou ou Bleunours, fort heureusement imperméabilisée...Régressif serait l'attachement déplacé à cet animal ! Objet de toutes les convoitises enfantines l'ours règle le pas de l'homme qui s'ébauche, c'est pourquoi l'adulte garde en mémoire sa douceur consolatrice. Et comme souvent, aller de l'avant, c'est perpétuer une incessante marche à reculons pour revenir à l'impossible temps des héros de tout poil et de leur protection. Tel un "grigri" en lutte contre les démons modernes et désincarnés, l'ours se fait tout petit pendu aux clefs de la maison. Se balançant sous le volant il nargue les gamins à l'arrière de l'auto qui ne lisent plus depuis longtemps aucune histoire d'animaux mais additionnent les parties de Nintendo ! Alors l'ours a déserté la terre enfantine pour investir celle des grandes personnes par effraction, par l'alibi de la mode ou de la décoration.

Pourtant regardez-les, de près, le nez dessus, voyez comme aucun d'eux ne se ressemblent. Chacun sa  gueule et son air désintéressé comme perdu pour une humanité qui n'a de rêve que pour du vent. ourson204miniPetit ours tu as un cœur et des pensées engrangées là en héritage des têtes blondes (et brunes et rousses...) qui t'ont adopté. C'est pour tout cela que l'arctophile te câline et restitue au mémorium des ours abandonnés, oubliés, trahis et même pire : reniés, la mémoire de tant d'amour volatilisé. Le cimetière des ours est l'oubli, leur paradis l'âme d'un enfant logé dans un corps qui vieillit. On ne peut ignorer ce regard qui vous prend là où vous l'avez délaissé le jour où vous avez décidé que vous étiez grand !

Certes on n’est pas obligé d'accorder tout ce temps à un sac de tissu mais de même que l'on peut croire que le mot crée, fabriquer de ses mains cet objet, lui consacrer énergie et attention, l'animer des meilleures et l'affubler d'un nom n'est-ce pas soi même participer à embellir le monde même si la chose n'a de réelle activité que dans l'imagination ?

A tous les Nounours de l'univers.... ours1                                   Catel


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23 juin 2008

Les maisons de Marguerite

Il n'y a pas que l'Italie, ni la Villa Médicis, et bien loin de moi le goût de jeter l'oprobe sur cette prestigieuse Maison, belle au sens propre comme au sens figuré. -De surcroît bientôt dirigée par le talentueuxvilla_M_disis Frédéric Mitterand. Quelle belle idée que de nommer un Artiste à la tête d'une Académie où l'administratif l'emporte sur le créatif. Il y aura dorénavant un souffle de compréhension et de complicité pour tous ceux qui seront admis à partager celui des Dieux qui sont plus que nulle part ailleurs au monde, ici, chez eux.- Cependant il n'y a pas que la Villa Médicis disais-je, quelque part bien plus au Nord sur des monts que l'on dit noirs, la maison d'enfance de Marguerite Yourcenar, comme en écho, invite elle aussi l'artiste à l'inspiration. Mais seuls les écrivains y sont admis et à condition qu'ils aient déja publié une oeuvre.

Bien que née Belge, c'est en France, l'hiver à Lilles, l'été au Mont noir que Marguerite de Crayencour va grandir. Le paysage des Flandres qui s'étire autour d'elle flatte son aspiration au départ et à la découverte. Pour avoir tutoyé la frontière qui touche sa maison, en avoir perçu Mont_Noirle cloisonnement et l'enfermement politique, elle fera de sa vie l'illustration de la liberté. De moeurs, d'expression littéraire et d'expatriation. Néanmoins cette Villa, auprès de laquelle son coeur est resté attaché, comme une ancre sur le rocher sombre des souvenirs, est une terre d'accueil où l'auteur peut s'abandonner. L'héritage de l'académicienne transmis aux soeurs et frères d'âme  saurait-il leur insuffler sinon de son génie, un peu de son talent ?

Et puis elle est partie, trouver son isolement, paradoxalement sur une île, là où les frontières sont partout et se meurent dans le tourbillon des flots. Un monde à part et pour soi, des Monts encore une fois, noirs autrefois, déserts à présent. Le rêve américain dans le Maine, un amour éternel pour Grace et une maison que l'on visite l'été exclusivement : "Petite Plaisance". Tout l'univers de Marguerite Yourcenar tient dans cet écartèlement où la maison garde fidèlement une place privilégiée à côté de l'insatiable nécessité du voyage.                       yourcena_maison1    

  • « Quand on aura allégé le plus possible les servitudes inutiles, évité les malheurs non nécessaires, il restera toujours pour tenir en haleine les vertus héroiques de l'homme, la longue série des mots véritables: la mort,la vieillesse, les maladies non guérissables, l'amour non partagé, l'amitié rejetée ou trahie, la médiocrité d'une vie moins vaste que vos projets et plus terne que vos songes, tous les malheurs causés par la divine nature des choses. »Mémoires d'Hadrien
  •                                                                                                             

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    17 juin 2008

    l'inverse de la chose

    Une chose et son inverse relèvent-elles de la même vérité ? (Sous entendu que l’on sache ce que « vérité » recèle) comme un reflet dans le miroir qui renvoie du même objet son image inversée. Le temps est beau est aussi vrai que le temps n’est pas beau. Selon la perception immédiate que l’on a du temps au moment où l’on parle. Selon que pour soi le temps beau soit du soleil et de la chaleur, un temps gris aéré de vent humide et tiède ou bien encore de pluie douce presque comme une rosée, selon que notre humeur du jour soit enjouée ou morose, selon que la norme est notre système de référence ou selon que l’on cherche à définir par soi-même les critères du bien-être. Les valeurs de la relativité défendue par Einstein nous parviennent quand, à force de croire et de véhiculer les éternelles certitudes qui fondent notre éducation, nous nous asphyxions du moisi poussant sur les murs de notre enfermement. Tout dépend du point de vue depuis lequel on regarde et apprécie la chose. Car en soi la chose est immuable, la réalité aussi, seule la vérité ondule sur les flancs de l’illusion. Inutile d’en revenir au « Banquet » où le jeu des ombres sous la plume de Platon n’en finit pas de déployer les multiples facettes d’une vérité qui échappe à l’homme des cavernes. L’allégorie n’a plus de secret pour personne encore que peu d’entres nous aient décidé d’aller vérifier au fond de la grotte de quelle façon les silhouettes du dehors s’y allongent…

    C’est pourquoi écouter pour comprendre la perception de l’autre, outre que cela consiste en un exercice de contorsionniste, nous apprend la souplesse de l’esprit et par là même plus sur nos propres limites que sur ses penchants et ses convictions. Tolérance est la porte qui ouvre le champ des connaissances et de l’intelligence. Ce qui compte c’est peut-être de tenir chacun un bout de cette vérité et d’en suivre la trace pour à un moment s’y rencontrer.

    Catel

    Camille_072

    Au bord du ciel ou à la surface de l’eau ?


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    18 mai 2008

    Rêve de San Francisco 4


    MontereyEt puis ils prirent la route, sur les traces de Jack Kerouac, un matin tôt sous le flot d'une aurore impavide  qui de son oeil glauque donne le courage de s'en aller. La 17 mile drive court le long de l'océan où le regard en frôlant l'horizon voit des côtes bretonnes. Et tout se passe comme si l'on partait sur l'autre versant du monde pour retrouver ce que l'on quitte ! Et pire, pour s'en réjouir ! avec au coeur une bouffée de reconnaissance envers le destin qui nous l'offre et ce paysage qui porte par analogie le souvenir de notre vie. Carmel ne fait qu'encourager leur illusion du moment, celle de se croire en Europe à croiser de riches touristes entrant, sortant d'antiques boutiques qui balancent leur enseigne comme au bon vieux temps et où se disputent aux enchères les toiles des artistes les plus en vus. Le parcours loin d'être initiatique est convenu mais la nature a raison des offres publicitaires, Monterey les invite à l'appel de la forêt et à poursuivre le pèlerinage littéraire que  Jack London ici devrait avoir arpenté. Ils ont pris le large avec les romans noirs tant inspirés par San Francisco leur préférant le miel d'une poésie privée de mots. La route, la falaise, la mer et le vent en écho pour revenir à la fin d'un jour ordinaire vers l'immensité de lumières et d'images cosmopolites. Tout en bas, les larges avenues, les bars aux terrasses enchantées de blues et la vie qui passe comme une fête....Une porte claque aussi métallique qu'une portière et une brise glacée s'engouffre dans la pièce où s'éveille en sursaut, Clarisse éberluée, de son rêve de San Francisco.

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    15 mai 2008

    Rêve de San Francisco 3

    flag_rainbowLeur vie, jusqu'ici et maintenant, avait la rondeur des courbes qui la symbolise. Celle du poids affiché chaque jour sur la balance qui traque les formes. Celle des températures égrenées par l'animateur laconique en mal d'inspiration. Celle des notes des enfants et du patron qui ne met pas de points mais vous regarde ou pas, ce qui en dit long. Rien d'autre que des statistiques synthétiques et réductrices et tous les deux à ferrailler avec l'idée qu'ils s'étaient faits du bonheur. C'est pour cela qu'ils avaient filé "à l'américaine", la Californienne, donnant corps et esprit à ce rêve presqu'usé à force d'avoir été l'antidote des jours gris. Comme posés par la grâce évanescente d'un miracle ou d'un mirage (il y a si peu de l'un à l'autre) ils étaient là semblant y avoir toujours été. Parfois l'étonnement est de l'ordre de l'évidence! Alors ils se taisaient redoutant que l'un des deux aborde le sujet du retour et en défi à la réalité ils noyaient leurs yeux dans les drapeaux de l'arc en ciel. Tous ces rubans aux fenêtres signalant l'étrangeté de la différence disent aussi aux passants, en souvenir de l'emblème dont ils sont issus, "laissez-nous en paix". Bien volontiers, bien volontiers....Et l'après midi coagule son temps, le suspend entre l'écho d'une sirène de ferry boat, le clapotis des vagues dans la baie qui submergent les barges où paissent les phoques et le roulis de la brise fraîche  courant vers le large pour en revenir chargée de sel et de goémon. Sans fatigue et repus de photos arrachées à leurs souvenirs ils échoient sur un banc calme et doré de rayons obliques, au bord d'un lac qui pourrait se prélasser n'importe où dans le monde. Si ce n'était ce dôme et ces quelques séquoias et près de soi des mots qui passent, dont l'accent même dit son appartenance, qu'on les comprenne ou pas. A suivre...

    Catel

    Exploratorium1    

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    12 mai 2008

    Rêve de San Francisco 2

    San_Francisco_and_his_fogChaque matin, espadrilles aux pieds ils énoncent les sites à visiter, avides comme à feuilleter un catalogue de voyages, ils s'appliquent à ne pas sauter de page. La Transamérica Pyramide, la Coit Tower, la sinueuse Lombard Street....et l'alignement des painted ladies d'Alamo Square. Maisons Victoriennes, rescapées de la ruée vers l'or, penchées et serrées les unes contre les autres, ennuyées par tous ces photographes en short qui les importunent et qui ne veulent en souvenir d'elles qu'une image pareille aux millions d'autres sans âme et sans histoire. Le voyageur  se conduit rarement en visiteur poli. Il promène avec lui un touriste boulimique qui voit mais ne regarde pas, emporte mais ne retient rien. San Francisco s'étire dans la brume et se laisse deviner par petites touches, petites taches. Alors ils partent se disant qu'ici ils commenceraient bien une nouvelle vie. Non, ils s'offriraient une amnésie à partir de laquelle ils s'inventeraient d'autres noms (ceux qu'ils se seraient choisis à leur naissance s'ils n'avaient pas été ce qu'ils étaient alors, des êtres  inconscients). Pour eux le brouillard serait l'enveloppe d'un présent tout neuf et d'une virginité que seule leur mémoire saurait ternir de temps à autre. La ville trempée de lumière et d'eau regarde l'ouest comme certaines en France, Nantes, Bordeaux, La Rochelle, tournées vers l'Atlantique et le soleil couchant. Jouer avec des repères qui rassurent et s'offrir l'aventure d'une terre inconnue serait, ils en sont convaincus, leur Eldorado. A suivre...

    Catel


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    11 mai 2008

    Rêve de San Francisco

    Jeff Buckley - Hallelujah

    Loin, partis dans les serres de l'airbus ils avaient rompu la chaîne qui les clouait au sol de France. Depuis l'atterrissage à San Francisco ils faisaient connaissance avec la ville, arpentant les quartiers du Guide Bleu, le seul suffisamment précis pour éviter l'errance des zones désertes et dangereuses. Ils se tenaient la main, se pinçaient mutuellement les doigts pour faire comme dans les histoires où l'on peine à croire ce qui arrive....Ils parcouraient l'envers des cartes postales que d'autres leur avaient envoyées et traçaient hardiment leurs propres commentaires. Enfin, ils y étaient aussi. Alléluhia! Les "cable cars" trottinaient à l'assaut des collines où les rues surmontent la déclivité, celle qui vous glisse et vous dépose auprès du Pacifique. Se laissant porter par le flux des vapeurs huilées du gas-oil des quais et par celui de la mer qui le recouvre ils atteignaient le Golden Gate bridge, impressionnés comme tout visiteur par ces mâts altiers érigés par dessus les vagues. Comme ceux d'un bateau auquel devaient rêver sûrement les prisonniers d'Alcatraz, esseulée juste en face. L'île est en soi une prison, de celle là on ne s'échappait pas. A suivre.....

    Catel


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    01 mai 2008

    Joli mois de mai

    muguetL'enchantement du premier mai tient en l'annonce rituelle des beaux jours.  Dans une main quelques brins tendus à l'être aimé, ramassés  par d'autres et vendus pour agrémenter l'ordinaire. Là, le muguet (Convallaria majalis) n'est plus promesse, il est profit qui s'entasse au fond d'un coffre caché sous le tréteau. Pieusement et se conformant à la coutume, le passant succombe au bouquet blanc qu'il sait fragile et dont il compte les clochettes dans l'espoir qu'elles soient au nombre de treize, ce qui doublerait les espérances de bonheur.

    Le Lys des Vallées, pointant son nez au Japon s'acclimatât aisément à nos sous bois humides. Mais il vînt de plus loin encore, du Moyen-âge, époque à laquelle il fit sa migration...C'est alors que son nom français, fit son apparition dans les textes vers l'an 1200. Mugue ou musguet, dérivé de musc, sans doute une altération de muscade, en raison du parfum de la fleur. Mais la belle vivace est une enjôleuse, trompeuse. Son parfum tubéreux masque la toxicité de ses fruits lesquels ne parviennent que rarement à maturité, la fleur ayant été coupée bien avant.

    Ses attraits multiples qui allient  l'élégance à la chance cachent cependant le poison que l'on y devine pas : les  hétérosides cardiotoniques, dont la  convallatoxine, la convallamarine et la convallarine dont les effets sont de ralentir le rythme cardiaque et d'augmenter la pression artérielle.

    Sûrement, le roi Charles IX l'ignorait quand il officialisa le rite le 1er mai 1561 : ayant lui-même reçu à cette date un brin de muguet en guise de porte-bonheur, il décida d'en offrir chaque année aux dames de la cour. La tradition était née et qui perdure depuis plus de quatre siècles, bien davantage que celle du Père Noël !

    Catel


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