L'Ecritoire

Pour l'amour du mot, de la pensée juste et de la syntaxe flamboyante, je trace la lettre dans le mou du temps. La voyelle consonne et l'infini prend forme.

29 juillet 2008

Le sentiment tragique de la vie

"L'amour est ce qu'il y a de plus tragique dans le monde et dans la vie; L'amour est fils de l'illusion et père de da désillusion; L'amour est la consolation sans la désolation, l'unique remède contre la mort dont il est le frère..........

L'amour recherche avec fureur, à travers l'objet aimé quelque chose au delà et comme il ne le trouve pas il désespère...."

Miguel de Unamuno - Sentiment tragique de la vie. miguel


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16 mai 2008

Bobinophiles Bobinophages

Christian Bobin a son espace sur Myspace :

http://www.myspace.com/christianbobin

Un blog où l'échange est inexistant malheureusement (mais l'écrivain n'aurait surement pas le temps de répondre à tous....) On peut cependant avoir la joie et l'honneur d'être accepté "amicalement" et ainsi  de déclarer toutes nos flammes à l'auteur aimé.

"Dieu passe en riant devant la fenêtre du salon, déguisé en petite feuille jaune tourbillonnante."

La présence pure - page 14


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13 mai 2008

JM Maulpoix

Le chant des naufragés

Extrait de poème lui même extrait de "Dans l'Interstice", © J.M.Maulpoix & éd. Fata Morgana, 1991.

Nous sommes les naufragés de la langue

D'un pays l'autre nous allons, accrochés aux bois flottés de nos phrases

Ce sont les restes d'un ancien navire depuis longtemps fracassé

Mais le désir nous point encore, tandis que nous dérivons

De sculpter dans ces planches des statuettes de sirènes aux cheveux bleus

Et de chanter toujours avec ces poumons-là:

Laissez-nous répéter la mer

N'intentez point de procès stupide au grand large

La mer, accrochée à la mer

Tremble et glisse sur la mer

Ses mouvements de jupe, ses coups d'épaules, ses redondances

Et tout ce bleu qui vient à nous sur les grands aplats de la mer

Nous aimons la manière dont s'en va la barque

Se déhanchant d'une vague à l'autre, dansant son émoi de retrouver la mer

Et son curieux bruit de grelot

Quand la musique se déploie sur l'immense partition de la mer

La mer se mêle avec la mer

Mélange ses lacs et ses flaques

Ses idées de mouettes et d'écumes

Ses rêves d'algues et de cormorans

Aux lourds chrysanthèmes bleus du large

Aux myosotis en touffes sur les murs blancs des îles

Aux ecchymoses de l'horizon, aux phares éteints

Aux songes du ciel impénétrable

La mer est un ciel bleu tombé

Voici longtemps déjà que le ciel a perdu ses clefs dans la mer

Sous quels soleils désormais nous perdre?

Sur quelle épaule poser la fièvre de notre tête humide?

Nos rêves sont des pattes d'oiseaux sur le sable

Des fragments d'ongles coupés à deux pas de la mer

Nous brûlons sur la plage des monceaux de cadavres

Puisque tels sont les mots avec leurs os et leurs fumées

.............................................


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17 février 2008

Fernando Pessoa

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08 février 2008

L'ombre de Judas

J_Champion

Jeanne Champion, lumineuse femme, écrivain et peintre 

Sa main flamboyante sous le pinceau ou sous la bille nous submerge de mots et de couleurs mais surtout de bonheur. Hier les libraires ont exposé son dernier roman : "L'ombre de Judas" ou la réhabilitation du traître Judas Iscariote aux mains sales.... L'écriture est comme toujours somptueuse, précise, et la profondeur des réflexions nous entraînent bien au-delà de l'histoire. Il suffit de lire.....

"Un flot de larmes envahit son visage que personne n'essuiera, car mis au monde par l'ingratitude qui l'a chassé d'un ventre, il restera toujours ce que le monde attend de lui : un flot de mensonges, les ricanements de ceux qui l'évitent."

"L'ombre de Judas" - page 29 - Ed Fayard

judas

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31 janvier 2008

Les roses de la solitude

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Les roses de la solitude

"Les joies de la lumière sont une invitation à se dépasser soi-même et apportent comme une dimension de plus à tout le réel. Hier encore, j'étais étendue à regarder, dans la lumière du matin, un grand pin dans mon jardin; il se dressait vers le ciel bleu; ce n'était pas un très bel arbre, c'était un bon vieux pin qui ne ressemblait pas au pin parasol de la Côte, mais il était dru et vieux , d'un beau vert dense et tout le haut était comme nimbé dans une lumière d'or.... Toujours est-il  que, moi qui ne vois plus bien, je le voyais rayonner, vers le haut, d'une lumière immatérielle et miraculeuse, qui m'a pénétrée de bonheur".

Jacqueline de Romilly "Les roses de la solitude" page 143


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25 janvier 2008

Les sirènes de Bagdad

Yasmina Khadra est un homme revêtu d'un pseudonyme féminin par la force d'une censure implacable et inévitable. Exilé de sa native patrie il dévoile en France son identité pour répandre au grand jour son écriture. Ses romans sont des textes à la fois réalistes et poétiques, cruels et idéalistes d'une force et d'un enseignement impitoyables sur la réalité humaine. Il faut lire "l'Attentat »,, "les hirondelles de Kaboul" ou bien encore "L'imposture des mots". Avant tout, laissons nous porter, emporter par le lumineux et mélodique d'une plume qui a survolé la mer et su voler au Pouvoir son joug et ses contradictions.

bagdad_3 "Les hommes ne sont que de furtives prouesses, de longanimes supplices, des Sisyphe innés, pathétiques et bornés; ils ont la vocation de subir jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Les jours passaient leur chemin, semblables à une caravane fantôme. Ils surgissaient de nulle part, au petit matin, sans grâce ni panache, et disparaissaient le soir, subrepticement, happés par les ténèbres. Cependant les enfants continuaient de naître, et la mort de veiller à l'équilibre des choses.....Telle est la sunna de l'existence. Ce que le vent du désert emporte, la mémoire le restitue; ce que les tempêtes de sable effacent, nous le retraçons de nos mains".

Yasmina Khadra "Les sirènes de Bagdad" page 83

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10 janvier 2008

sur le désert...

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"La parole émerge du silence de toutes les autres et ce silence c'est, également, le désert.

Si j'avais à définir la parole de mes livres, je dirais qu'elle est parole des sables -de sable- un bref instant audible, visible : parole d'une écoute extrème et d'une mémoire très ancienne.

L'expérience du désert, est à la fois, celle du lieu de la Parole -où elle est souverainement parole- et celle du non lieu où elle se perd dans l'infini. De sorte que nous ne savons jamais si c'est au moment où elle surgit que nous la captons ou bien au moment où, avec une incroyable lenteur, elle s'évanouit : le moment éblouissant de son surgissement ou celui de son insensible évanouissement. Et peut être, n'entendons nous jamais qu'une parole à sa fin parce qu'il n'y a pas de commencement qui n'ait, en soi, connu son terme; comme si la parole, pour être totalement saisie, se devait de témoigner aussi du trajet parcouru par elle de la naissance à la mort : du néant qu'elle illumine en émergeant au néant que, dans sa chute, elle rejoint.

Créer, en ce cas, ne serait que donner à voir la naissance et la mort de l'objet. Nous ne parlons, nous n'écrivons que pour l'instant. La durée ne nous appartient pas."

Edmond Jabès - "Un bref instant entre deux néants" - extrait de Sagesse du Désert par B Desombres page 259


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16 décembre 2007

"Alors que dans le ventre de ma mère, je savais encore selon le Talmud, tous les secrets du monde créé, l'Ange de l'Oubli, au moment où je  naquis, me frappa sur la bouche et me plongea dans l'amnésie. La brutalité de ce geste m'a longtemps stupéfiée. Aujourd'hui j'ai cessé d'y voir une malédiction. J'y ai découvert l'obligation qui m'est faite d'entrer en relation avec les autres. C'est par eux que passe ma survie. Chacune des multiples rencontres que je fais me permet de reconstituer avec une patience d'archéologue la mosaïque du savoir et de la sagesse innée. Si le savoir était entier en chacun de nous, ne serions nous pas autistes? Le grand détour par une vie humaine perdrait tout sens."

Christiane Singer - "N'oublie pas les chevaux écumants du passé"-page 34

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04 décembre 2007

Douze petits mois

"A petits pas j'ai marché dans cette vallée dont on voit tous les os verdis de mousse,

à très petits pas à travers le léger rideau de la neige, vers la crête, et péniblement.neige_2

Je suis montée jusqu'à un lac. Il serait invisible n'était la rondeur du creux où il loge.

Il est blanc sur blanc, endormi dans la glace et la neige dans le cercle des arbres.

L'été il paraît que son eau de verre est habitée d'algues d'or".

Marie Rouanet

(chapitre : 29 décembre-page 47)

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