L'Ecritoire

Pour l'amour du mot, de la pensée juste et de la syntaxe flamboyante, je trace la lettre dans le mou du temps. La voyelle consonne et l'infini prend forme.

29 novembre 2008

« Le caractère d'un homme fait son destin. »
Démocrite

lune_craonne_france_1028406089_1205587


Posté par CATEL à 09:24 - Citations - Commentaires [4] - Permalien [#]


11 novembre 2008

Cesare_PaveseCesare Pavese

Parfois l'âme errante je m'en remets au hasard, à moins que celui là ne soit en fait que coïncidence ou rencontre fortuite...C'est donc autant pour le provoquer que pour le destituer qu'en fermant les yeux j'extorque de l'étagère un de ces petits soldats, debout et dormant à pages fermées. Comme l'on tire les cartes d'un tarot ou l'on jette en l'air la pièce de monnaie je palpe la tranche du livre, sans savoir qui il est, d'où il vient, je feuillette les pages qui glissent sous mes doigts et ouvre brutalement, parcequ'il faut bien se décider. Alors je m'octroie le droit de regarder : "Le métier de vivre" 8 novembre 1938...............Cesare Pavese 1908 - 1950

"On ne peut connaître son propre style et l'utiliser. On utlise toujours un style pré-existant, mais d'une façon instinctive qui en forme un autre qui est actuel. On ne connaît son style présent que quand il est passé et définitif et que l'on se retourne pour l'examiner en l'interprétant, c'est à dire en se rendant compte comment il est fait. Ce que nous sommes en train d'écrire est toujours aveugle.....Ecrire c'est consommer ses mauvais styles en les utilisant. Revenir sur ce qui est déja écrit est dangereux, des choses différentes peuvent se juxtaposer....Le jour viendra où nous aurons mis en lumière tout notre mystère et alors nous ne saurons plus écrire, c'est à dire inventer un style".

Ainsi défier l'inconnu ou ce que d'aucuns nomment le hasard c'est pour moi à chaque fois faire la preuve de son paradoxe. Pourquoi cet auteur , à cet instant, ? Juste celui où je doutais de l'utilité d'écrire ! Quelle curiosité que d'interpeller, donc de faire naître, ce en quoi on ne croit pas pour en démontrer l'inexistence...Vérification par l'absurde d'une réponse apportée malgré soi à un moment d'interrogation personnelle. Confirmation intime de ma conviction profonde qui voit dans toutes choses des liens invisibles, nécessaires à la cohésion du monde.

Catel


Posté par CATEL à 14:48 - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,

09 novembre 2008

Salon du chocolat

L'automne tombe feuille à feuille sur les trottoirs glissants alors que le vent fraîchit sous le ciel lourd et sombre de novembre. L'emblème de cette saison est une couleur, le marron, décliné depuis l'orange flamboyant jusqu'à l'ébène des arbres dont l'écorce nue se propose aux passants. L'automne, un arc en ciel monochrome en camaïeu de bruns enflammés et de braises noircissantes qui tous les ans arbore ses tenues éphémères aux reflets chocolat. Lequel, en prémisse à Noël, se met dans tous ses états au Salon qui lui est consacré.  L'oeuvre est d'art, le chocolat sous la presse gonfle ses tablettes et l'Artiste, sculpteur chocolatier, imagine un monde onirique qui séduit tout autant les papilles que les pupilles. La création est sans limite et tout est ravissement, émerveillement de saveurs et senteurs mélangées. Petits choux, bijoux...à genoux devant ces perles noires et cirées ou cette exposition de lutins métaphoriques comme bondissant d'une bande dessinée. PB010288

               PB010300                                                                               

  Ils viennent de toute la planète pour raviver notre mémoire d'enfant sage, qui espère sa récompense...Tout ici est plaisir, volupté des sens exacerbés par l'abondance des tentations. Tour à tour c'est le défilé de robes sucrées qui enchantent l'âme puis l'expertise d'un Maître japonais aux prises avec la décoration millimétrée d'une bouchée suave ou encore l'attendrissant apprentissage d'un garçonnet coulant son premier moule d'ours en chocolat blanc. On va, on vient, sans but précis autre que celui de musarder entre les rangs de bouchées et de humer sans jamais  s'écoeurer les effluves de cacao amer et sucré.

PB010299

Un moment de bonheur que l'on voudrait prolonger sûrement parce qu'il touche à ce qu'il y a chez l'homme d'intemporel et d'universel. Venue du plus profond des âges et des forêts, la fève brune et amère, sous la main de l'homme, se fait douceur et suavité. Et sous notre palais un conte de fées, des pépites fondantes se laissent couler, un arôme pulpeux se diffuse goutte à goutte et nous dépose anéanti au pied de l'écriteau : SORTIE.

Catel


Posté par CATEL à 11:26 - Légereté - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :
« Accueil  1