28 septembre 2008
« La perfection est atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retrancher. »
Saint-Exupéry
15 septembre 2008
New York
Un petit tour à Manhattan du 16 au 25 septembre
reportage photos assuré
A très bientôt...
"Doutez que les étoiles ne soient de flammes
Doutez que le soleil n'accomplisse son tour
Doutez que la vérité soit menteuse infâme
Mais ne doutez jamais de mon amour".
William Shakespeare
14 septembre 2008
Quand l'écrit déchire la toile
Depuis qu'Anna Sam offre ses tribulations de caissière hors la toile, l'écrit reprend ses lettres de noblesse et réintègre le Vélin cher aux collectionneurs de papier. Tout se passe comme si Internet était, non le grand dépotoir de la pensée informe et abjecte mais le brouillon nécessaire à celle qui se construit par ses errements et ses hésitations. J'en veux pour preuve et de manière autrement plus qualitative (pardon Miss Sam !) l'engouement pour les blogs qui contamine jusqu'à nos plus prestigieux auteurs. Vous connaissez certainement l'intelligente "République des livres", ou le laboratoire des idées, qui s'expose plusieurs fois par semaine dans une langue parfaite et qui laisse pantois tout écrivain en herbe rêvant forcément de notoriété. Pierre Assouline, puisqu'il s'agit de lui, a collecté en quatre années d'activité "bloguèste" 150 000 commentaires ! Et pour certains pouvant filer des complexes à l'écrivain lui même...
Grâce soit rendue à Monsieur Assouline qui prenant conscience du trésor détenu a sélectionné 600 de ces perles littéraires, aussi humoristiques qu'érudites, pour les réunir en un livre et simultanément les extraire de leur anonymat. "Brèves de Blog" (aurait pu faire mieux...) n'a qu'une très lointaine parenté avec ces brèves de comptoir qui en leur temps nous ont enchantés ! Bien mieux oui cette conversation à bâtons rompus qui prouve, si cela était encore nécessaire que le talent sous terrain est plus abondant que le révélé. Il jaillit comme les sources qui irriguent le sous-sol avant de fendre l'écorce terrestre et de s'épandre à la surface du monde.
Juste retour des choses, il me semble, que la souris renvoie au stylo, que l'écran renvoie au papier et que le virtuel renvoie à la réalité la pensée poétique ou la critique avisée. Le texte réintègre la bibliothèque du libraire et la poche du lecteur. Mais point de suprématie du livre sur la toile car l'un et l'autre sont complémentaires le premier vous offrant des amateurs passionnés (ils vous achètent) et les seconds vos premiers lecteurs (ils vous découvrent). Chacun de nous peut se reconnaître au fil de ces pages lumineuses et cet opuscule donnera sûrement des idées à quelques imitateurs mais il sera trop tard....
Catel
11 septembre 2008
Buxus sempervirens
Au jardin du passé continue de croître Mon Buxus Sempervirens. L'incontournable ornement de l'art topiaire poussait là en pagaille parmi les feuilles de chênes, les glands tombés comme du nid et les cyclamens sauvages et d'automne. Aux multiples nuances des pétales rosées et inodores s'emmêlait une senteur indéfinissable mais unique et typiquement identifiable. Celle du buis dans lequel je plongeais le nez pour m'enivrer et qui ne se laissait apprivoiser par mes sens. Car on peut se remémorer une image que l'on revoit distinctement, une parole dite ou entendue que l'on se répète en pensée mais, comme une saveur, on ne peut se souvenir d'un parfum. Juste le reconnaître quand il survient. Ma mémoire instinctive d'enfant avait pourtant inscrit l'âpreté rêche des effluves verdoyantes, l'associant peut être à la promenade du soir, à l'heure où tout se relâche. La fatigue d'une journée d'école noyée au coeur des arbustes comme au fond d'une fourrure animalière et vivante s'effaçait au contact fébrile de la plante.
Il n'y a pas de jardin, encore aujourd'hui, sans le buis de mon enfance qui tire insidieusement les souvenirs de l'oubli.
Catel
08 septembre 2008
N'est pas Haïku qui veut
Les écervelés n'ont pas compris
Que la vie nous apporte tout
Mais pas en même temps !
Catel
05 septembre 2008
Comment dire...
L’art et
La fin de la journée arrive et le jour tombe. Dans le salon triste qui s’assombrit les ombres de la rue bougent, insolites et silencieuses. On dirait que la maison vit par l’intrusion de ces fantômes qui passent et disparaissent aussitôt. L’unique tableau au dessus du piano que la lumière des phares éclaire de temps à autre clignote au rythme des voitures pressées. Il n’y a rien d’autre que l’attente parfois brisée quand une lame de parquet craque ou quand la porte du voisin s’ouvre. Le temps est suspendu, comme souvent à l’heure du crépuscule, celle entre chien et loup et de la confusion des genres. Toute la maison retient son souffle avant que surgissent les enfants excités, les parents exténués et le chat affamé. Il est dix neuf heures d’un mois de novembre et c’est la fin de la journée.
La manière
L’enfilade d’hêtres hiératiques s’allonge à mesure que la lumière décroît. Ils bordent la rue qui s’étire sous la mince lueur oblique du soleil déclinant. Au même instant la maison endeuille ses murs. Doucement la nuit s’empare d’elle. Des ombres fantomatiques se jettent dans le salon, l’animent de silhouettes empressées qui disputent leurs reflets à ceux des voitures filantes. La copie du Monet, glorieuse au dessus du piano, profite des fugitifs faisceaux pour briller clandestinement d’une aura qui n’est pas la sienne. Subrepticement le silence se mêle à l’obscurité, l’épaissit tant que même le chat n’y voit goutte. Tout semble figé dans l’attente du mouvement et de la lumière, les représentations emblématiques de la vie. Dix neuf heures, un soir d’automne, une seconde avant l’apparition de la famille en enfilade.
Catel
03 septembre 2008
« Il nous faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serai-ce
qu'un peu : Il nous faut naître par la chair et ensuite par l'âme. »





