31 mars 2008

Homme de lettres, de l'Être, Jean Cocteau peintre et réalisateur cinématographique, membre de l'honorable Académie française a posé son empreinte sur celle de notre patrimoine artistique et culturel.
Un livre cependant, très personnel et comme en confidence par petites touches et à grands traits révèle l'être qui vibre dans l'homme. Interstice délicieux à travers lequel on approche les ombres de l'écrivain et les doutes de l'esthète. Il faut se donner le plaisir d'aller vers cet essai qui dévoile la nature incisive de l'auteur intrinsèque à son génie visionnaire.
"Qu'ai-je à faire avec le génie? Il ne cherche en moi qu'un complice. Ce qu'il veut, c'est un prétexte à réussir ses mauvais coups".
Catel
28 mars 2008
"J'écris dans l'espérance de découvrir quelques phrases, juste quelques phrases, seulement quelques phrases qui soient assez claires et honnêtes pour briller autant qu'une petite feuille d'arbre vernie par la lumière et brossée par le vent". 
Christian Bobin - "La présence pure" -
Et quand il ne reste plus rien, ni le temps, ni l'inspiration, ni le temps de trouver l'inspiration, il y a Christian Bobin, comme il était une fois ... avec la même grâce, le même émerveillement que les contes de fées. Au pays de Bobin l'onirique convoite la réalité puis le lyrique l'emporte sur la vérité pour en créer de toutes pièces une autre, si fluide et si dense. Quand une vacuité fascinante creuse son trou là où naissent nos pensées, le seul recours, Bobin, et peu à peu l'âme reprend ses couleurs et les mots leur capacité à démontrer l'invisible du monde.
Catel
27 mars 2008
« Qu’est-ce que le bonheur ?
Un émerveillement qui se dit à lui-même adieu. »
Pascal Quignard
25 mars 2008
Alain Rey
Un ouvrage savant qui nous parle des mots, de leur(s) signification(s) et de leur portée dans le langage commun. Gamme chromatique ou palette colorée de paroles emportées par un flot d'écriture, tels sont les signes que l'intelligence a inventés pour communiquer.
A. Rey, De l'artisanat des dictionnaires à une science des mots : images et modèle
(Information publiée le dimanche 27 janvier 2008 par Matthieu Verne)

Paris : Armand Colin, coll "U", 2008
Mais qu’est-ce au juste qu’un dictionnaire ?
Résultat d’un artisanat intellectuel, textuel et éditorial, le dictionnaire est centré sur la description du lexique d’une langue, mots et expressions.
Un lexique est fait de signes, avec leurs formes (morphologie) et leurs significations (sémantique) ; son étude est la lexicologie.
Cet ouvrage fait le point sur deux réalités, celle, pratique, du dictionnaire, celle théorique, du lexique et cherche à cerner leurs relations.
Il apporte des réponses aux questions générales portant sur la discipline : comment les études du lexique s’articulent-elles à la linguistique et à l’ensemble des sciences humaines ? Quel rapport entretien la lexicologie à la philologie et à l’étude des textes ?
Cet ouvrage, conçu par le grand maître de la lexicographie, s’adresse aux étudiants de cycle M et D en sciences du langage et en lettres.
Auteur de nombreux dictionnaires, dont le Petit Robert, avec J. Rey-Debove, le Dictionnaire historique de la langue française, avec D. Morvan, ALAIN REY a étudié les vocabulaires, la terminologie et la science des signes.
Url de référence :
http://www.armand-colin.com/livre.php?idp=280463&query=rey&type[]=t&type[]=a&tp[]=livre&tp[]=revue&start
24 mars 2008
Coquillages
La mer s'est retirée laissant au sable quelques bijoux, boucles de coquillages nacrés et colliers de varech échevelés. Les coques et les praires gisent comme à la fin d'un repas, ventre béant, offertes aux vents et au pas du marcheur. Doux tableau où se glissent les châteaux de sable d'autrefois, d'où émergent les après-midi de pêche entre les rochers pointus et les mares d'eau salée et tiède. Les petits crabes filant entre les doigts, les pieds glissant sur le visqueux des algues et les cheveux se mouillant des embruns poisseux. L'enfance est tout entière dans ce carré de plage aux couleurs des vacances d'été et des jours qu'on oublie de compter.
22 mars 2008

Fidèles à leurs bonnes habitudes, Muze et Madame de K ont trouvé la bonne réponse à la question du lundi. Il s'agissait du groupe musical Manau et de la chanson "Le chant des Druides". Pour mieux découvrir ce groupe aller sur ce lien :
http://www.dailymotion.com/video/x2aft5_manau-le-chant-des-druides_creation
En peine de mort
Observer le quotidien par l'orifice de la serrure ou le chas de l'aiguille, en presque catimini, pour se protéger du plein fouet des vagues médiatiques c'est faire acte de lâcheté; peut-être. Par analogie cependant, en défaut de longue vue et pour voir de plus près l'objet éloigné, on cerne son oeil d'un doigt en demi-cercle et ainsi vient l'effet grossissant. De cette manière, en s'extrayant du radotage ambiant, considérons l'irrévocable sentence de souffrance, que la législation offre aux plus malades. Combien de morts à petits feux, avant que les consciences bien portantes, bien pensantes, ne prennent en compte la légitime demande d'assistance du condamné ? Notre hypocrisie se contente d'un suicide masqué derrière lequel il est bien vu que le courage ultime revienne à celui qui a tout donné. Le législateur dit qu'on peut se donner la mort à soi-même et que nul ne peut la donner à autrui, serait-ce à sa demande insistante et motivée. Certes, on ne peut déplorer que les garde-fous instaurés par le droit préviennent les possibles dérapages mais ne peut-on réfléchir à l'évaluation de situations d'exception, elle mêmes entourées d'un cadre strict et précis ?
Offrir à chacun la possibilité d'exercer et d'assouvir ses dernières volontés dans le respect d'un choix mûrement réfléchi ne serait-il pas la preuve la plus forte de l'empathie de l'homme envers lui même ? De l'amour humain envers ses semblables ? Car actuellement on préfère se croire innocent de laisser vivre et disparaître de mort et de souffrance lentes un malade sans plus aucun espoir de guérison alors qu'il y a de grandes présomptions pour que nous soyons au final le vrai meurtrier. Celui qui se lave les mains du drame qui se joue près de lui et qui oublie que demain peut-être ça sera son tour. Les apparences sont sauves.
Oui mais voilà la mort nous tend son miroir et nous tire vers le sens profond de nos responsabilités. Un peu de dignité, de fraternité et de respect se dessinent dans les reflets du verre poli, si mince que l'on ne sait pas toujours de quel côté est la vie.
20 mars 2008
Ca ne date pas d'hier
Ni ce livre (2001) ni l'univers (15 milliards d'années ou le big bang)...
Quoi qu'il en soit, redécouvrons ou découvrons cet ouvrage collégial rédigé à quatre mains :
- Hubert Reeves, astrophysicien, enseigne la cosmologie à Montréal et Paris. Il est l'auteur de "Patience dans l'azur", entre autre. - Joël de Rosnay, ancien directeur à l'Institut Pasteur, directeur à la Cité des Sciences, est l'auteur de "L'Aventure du vivant". - Yves Coppens, professeur au Collège de France, co-découvreur de Lucy, est l'auteur de "Le Singe, l'Afrique et l'Homme". - Dominique Simonnet, rédacteur en chef-adjoint à L'Express, auteur de "Vivent les bébés !" et des séries télévisées Drôle de planète.
Ce monde auquel nous tenons tant, une énigme cependant pour l'entendement du "petit homme", est raconté ici depuis l'origine jusqu'à nos jours, voire même jusqu'à demain. L'histoire est belle avec tous les ingrédients d'un roman d'anticipation, de la féerie d'un conte et du suspens d'un polar. Ainsi entrevoit-on la naissance de l'univers comme étant celle, non du début de l'espace et du temps, mais "du moment où ces notions deviennent utilisables". Nous ne sommes pas certains que le "Rien" existe mais pas plus qu'il n'existe pas. Puis à partir de quelques molécules la vie sur terre apparaît et avec elle son organisation effleurant ce qui sera perçu puis nommé l'Harmonie. En dernier lieu c'est l'arrivée de l'hominidé se métamorphosant en homme moderne qui anime le sens de ces réflexions tant philosophiques que scientifiques et humanistes. Le but de cet essai n'est pas de percer coûte que coûte les mystères de l'Existence mais de "vulgariser" (dans le bon sens du terme) les découvertes établies afin de les mettre à la portée du néophyte néanmoins curieux et réceptif. Sans compter que de nombreuses citations sauraient faire oeuvre d'Enseignement et de Sagesse...
"La science et la religion ne règnent pas sur le même domaine. La première apprend, la seconde enseigne. Le doute est le moteur de l'une, l'autre à la foi pour ciment".
"La science actualise les débats, elle les rafraîchit. Elle ne les tue pas".
19 mars 2008
Le plaisir satisfait les sens
le bonheur satisfait l'âme.
Catel
17 mars 2008
En léger différé du Salon du Livre de Paris :
La foule s'étire en sillons, convergeant vers le grand hall où cette année la sécurité est drastique. Comme en partance pour une terre lointaine, on montre son sac au vigile et l'on passe sous le portique, enfin prêts à décoller vers la plus grande et éphémère bibliothèque de France.
Tous les genres de public sont venus glaner du plaisir. Il y a les curieux qui cherchent les visages connus, les esthètes en quête du livre rare, les passionnés venus choisir les dernières parutions et pour certaines en avant première, les "pique assiettes" ou opportunistes comme vous voulez, avec au fond du cabas ou de la poche le manuscrit chéri qu'on aimerait bien remettre en main propre à l'éditeur, justement là sur le stand. Puis au milieu de la horde, des timides qui n'oseraient même pas se faire dédicacer un roman mais qui palpitent rien qu'à la lecture du nom de leur héros. Blandine Le Callet signera à 18h en compagnie d'Anna Gavalda et non loin de Marek Halter. Vrai, ils ont pourtant l'air d'être comme nous, deux bras, deux jambes, une tête (bien faite mais çà on le sait déjà car on a tout lu de lui, d'elle) et parfois des sourires et un appétit de rencontre à faire fondre les glaciers.
On est là et l'on tâte le livre pareil au fruit mur, à point de soleil et de pluie, on l'ouvre comme une boîte à surprises puis au hasard on s'embarque sur le navire d'un paragraphe. On goûte le mot et la phrase, ailleurs, plongée dans l'univers voulu par l'écrivain qui a gagné sa partie. Le livre est déjà sien, on l'emporte les yeux brillants de cette nouvelle rencontre. Et la journée passe au fil des pages, le sac à commissions de p
lus en plus lourd, les rêves ça pèse, et l'âme épuisée de tant d'émotions.
Avant de s'en aller, puisqu'il le faut, une découverte : un éditeur bourguignon (oh la la ça s'annonce bien) : "D'un noir si bleu" promeut un concept original, le livret carte postale, une petite histoire de huit pages, vingt grammes de lectures, un espace pour écrire comme sur une carte postale traditionnelle, un autre pour le timbre et l'adresse et voilà une missive unique! Rechargé en imagination et de l'espérance plein le coeur, en écho à la conférence sur "comment faire publier son 1er roman ?" on repart l'âme allègre car foi de professionnel le message que l'on retiendra est celui ci : "l'art c'est subjectif, vous plaisez à l'un et pas à l'autre, au même ce jour ci et plus du tout le lendemain...." Alors se fier à sa bonne étoile est sûrement le seul viatique pour la gloire se dit celui qui rentre fourbu regardant monter dans le ciel du soir, l'étoile du berger.
Catel





